Cyril Mokaiesh

«Tourner la tête serait irresponsable. Parler de son époque est presque un devoir, surtout quand il y a autant de blessures, de tensions, de larmesCyril Mokaiesh regarde droit dans les yeux son époque – notre époque. Il reconnaît volontiers que «l’austérité, l’Europe, les attentats, le FN, c’est beaucoup pour un seul album. Je ne pouvais pas faire autrement.»

Dans son nouvel album, il y a également le désamour, le vertige, l’insomnie, mais aussi l’élan, la solidarité, la tendresse, l’enfance, la bravoure, la fraternité. Et la saine colère contre l’ordre du monde dont on voudrait nous faire croire qu’il est juste.

Dès les premiers mots, de l’album, il attaque : «On vous laisse la tribune, les honneurs du pouvoir / On vous laisse voler la victoire / On vous laisse le soin de bien ingurgiter votre part de marché / On vous laisse notre âme sur le bas-côté endettée endettée en détresse / À genoux de chagrin d’avoir fait le baisemain à l’austérité son altesse».
La chanson La Loi du marché est un coup de poing – un coup de poing qui réveille. Cyril Mokaiesh l’a enregistrée avec Bernard Lavilliers : «Quand je lui ai envoyé la chanson, il a dit oui en vingt-quatre heures.» De même, Stéphane Brizé a tourné le clip de la chanson, qui a repris le titre de son long métrage avec Vincent Lindon : «Il met le doigt sur ce qui m’émeut le plus dans cette époque : le jeu qui consiste à monter les défavorisés les uns contre les autres. J’ai écrit la chanson en sortant du film et Stéphane a tourné un clip hyper réel et hyper poétique avec des images d’actualité incontestables, sans pathos ni rien de pompeux